VIF n°2 : Szende Kisgyorgy
La Maison de thé Demmers, fait l'angle entre la rue Napoca et la piaţa Unirii. Curieuse disposition que celle de tables, sensiblement surélevées, accolées aux vitrines donnant sur les rues passantes. On jette un oeil aux étagères et à leur collection de thés et d'arômes. Une menue personne en tablier rouge et au regard franc se dirige vers nous, elle s'appelle Szende Kisgyorgy.

À Belin, au coeur du judeţ Covasna, là où Szende est née, on ne parle que hongrois. Pourtant, elle choisit d'effectuer ses études en langue roumaine, dans la filière de Littérature universelle comparée à la Faculté de Lettres de l'UBB, une première marque de l'intérêt qu'elle porte à l'interculturalité.

La langue française, elle la découvre lors d'un séjour de dix jours en France, premier prix remporté à l'occasion d'un concours lycéen portant sur l'Union européenne. L'apprentissage de la langue française ? C'est oui, c'est instinctif. Pourtant, Szende n'est pas au bout de ses surprises, les cours de français auxquels elle s'inscrit s'avèrent être d'un niveau très avancé. Là encore, l'instinctif s'affirme : voir plus loin que la première tempête. Son imagination n'a pas de limite : elle emplie ses poches de jeans de petits papiers, gribouillés de mots qu'elle lit et relie chaque jour ; dans ses pensées, elle s'exclame, s'excuse, se ravie, marmonne, déprime, se réjouit en français. Pour elle, le français est bel et bien un large portail ouvert vers l'avenir. Un avenir, proche, qu'elle se représente ainsi : passer un certificat de langue d'ici deux ans et s'inscrire en master à Paris.

Pour l'instant, c'est à Demmers Teehaus, qu'elle diffuse son énergie. Travailler, c'est le moyen de faire les choses par elle-même, de s'assumer. Ses compétences linguistiques, elle les développe pleinement dans l'interaction avec la clientèle de langue hongroise, roumaine, anglaise et française, qu'elle sait habilement repérer dès qu'un des specimens en question pousse la porte de la boutique.

Elle vit la communauté française de Cluj comme une communauté cultivée, dynamique et visible, quoique parfois difficile d'accès. C'est là où la Capitale européenne de la jeunesse a son rôle à jouer : ouvrir les unes aux autres, les communautés qui forment Cluj. Szende me dit qu'elle croit fermement que c'est l'affaire de tout un chacun et qu'être Européen à Cluj c'est une démarche volontaire vers l'autre. En partant, elle tient à m'offrir un thé. C'est tiède, doux et parfumé.



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